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Désabusée

Désabusée. Homme Modèle

Ignorons le message flétri par tant de moments entassés là dans sa mémoire, comme tous ces corps consommés, ensevelis puis cachés dans une armoire à vice dont le/la prochaine ignorera l’existence, restons frais et vierges. Imaginez un phœnix sans feu : la guerrière de l’été à l’âme bien plus flamboyante que ses courbes, qui hélas aveuglent la majorité d’entre nous, repart dans une abysse prête à engloutir toute la misère du monde.
Nous garderons quelques polaroids de ses seins, de ses fesses, ces quelques messages et visuels fiévreux qui déclencheront un jour ce petit regret de ne pas l’avoir sodomisé plus souvent.
Toute cette gloire déchue en un instant, ce gargantuesque tas d’hormones et de mots, de soupirs, d’envie carnassière, sale suante et sauvage qui se décomposent. Nous sommes une tribu iconoclaste de mâles imparfaits, quelques élus ayant pénétré, fouillé et saccagé ce temple blond si fragile. Nous avons consommé avidement ce qui ne pouvait nourrir que notre égo défaillant.
La tendresse bienfaisante post coïtale est une anomalie au sein d’un couple formé dans le déni et l’aveuglement des sens. Tu le savais, je le savais. L’horloge suprême qui rythme nos carcasses se moque indéniablement et indéfiniment du changement de nos besoins primaires, lorsque nous voulons nous bouffer le cul et la bite elle nous laisse faire, c’est si facile, instantané, à la portée de n’importe quel mammifère. Mais alors que nous sommes en train de muter vers une envie plus profonde, que l’on discerne encore mal du reste, le tic tac implacable se met à tinter. Il n’existe pas de pourparler entre l’âme et le sexe, juste un tunnel d’émotions dans lequel on s’engouffre, ébloui par cette lumière là bas tout au fond qui nous guide vers ce précipice que l’on croyait sans fond. Les palpitations ignorent la vertu du réel et ne voient qu’à travers le prisme du désir.
Tu t’en souviendras encore des années et des années après ton dernier moment en elle, mais cette flamme éteinte par une tempête blonde ne se réveillera plus jamais, tu goûteras mille bouches et caresseras mille corps mais l’écho de cet épisode d’abus consenti te restera en bouche, encré dans tes veines.
Ce n’était qu’un simple jeu, tu as joué une mélodie en pianotant sur quelques touches : un accès facile à l’étage de la luxure dont l’entrée est bordée de velours et dont la sortie donne sur une impasse au milieu des poubelles et du fiel d’une vie lasse. Elle t’a consommé, aussi vite qu’un flash d’héroïne, elle va digérer le prochain sans sommation, en extraire la moelle pour la vomir quelques heures, quelques jours ou quelques mois plus tard. Désabusée.

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